La danse traditionnelle : Quel Avenir ?

La danse traditionnelle s’est surtout transmise oralement et par l’exemple. En effet, très peu d’écrits existent sur cette pratique.

Presque tous les collectages sont relativement récents (milieu du siècle dernier). On peut donc dire que beaucoup d’incertitudes demeurent quant à la fidélité et au respect des chorégraphies. En conséquence, nous pensons que ces dernières transmissions nous ont  apporté une forme évoluée voire transformée et déformée de ces danses !!!... Mais qu’importe, si l’esprit général persiste ! Nous aurions pu tout perdre !!!.

Actuellement, on serait bien prétentieux d’affirmer détenir l’exactitude sur l’historique, la musique et les chorégraphies originelles.

D’aucuns n’ignorent pas qu’elles pouvaient se transformer d’un endroit à un autre en fonction de la mémoire de ceux qui les colportaient, de leur fantaisie à les arranger selon leur goût, mais aussi de les modifier pour les rendre accessibles à tous…

Les appellations aussi se sont, pour beaucoup, évanouies si bien que certaines danses ont pris pour titre le nom de la localité où les habitants âgés les ont expliquées et chantées aux collecteurs… !

Nos aïeux avaient vraiment une passion pour cette forme de réjouissance et de distraction car c’était l’occasion rare, tant attendue et incontournable, de célébrer un évènement, petit ou grand, public ou privé, de se retrouver pour s’amuser, se détendre et oublier les duretés, les tracas et les vicissitudes de la vie. Ils se contentaient de peu, car les musiciens étant rares (surtout dans les campagnes) beaucoup de « bals » se faisaient à la voix avec percussions seulement. Ces danses étaient aussi conçues pour être pratiquées à plusieurs, ce qui leur conférait une convivialité, une émotion, et une exaltation évidentes, mais exigeaient, en contrepartie, un apprentissage attentif afin de ne pas perturber leur déroulement par la suite.

Tous les danseurs et musiciens de « CAMBALAÏRES » sont aussi passionnés que leurs ancêtres, mais en plus, ils ont cette volonté farouche de vouloir transmettre ce qui peut l’être encore, avant que ce qui a subsisté et a été sauvé ne sombre dans l’oubli puis la disparition irréparables.

En hommage à nos ancêtres, nous devons nous battre « bec et ongles » pour perpétuer la richesse attachante et merveilleuse de cette culture qu’ils nous ont léguée en héritage. Aujourd’hui, nous lançons un appel urgent et pathétique à la jeune génération afin qu’elle nous rejoigne car, sans elle, il n’y aura pas de transmission ni de continuité possibles. !!!

 

J. Claude QUINTANILLA